Les 8 tendances RSE 2026 : un défi à notre portée

Tendances RSE 2026 : c’est désormais devenu un exercice habituel chez Orseo : prendre du recul chaque début d’année pour analyser les tendances qui nous semblent être les priorités pour l’année qui démarre.

L’année 2026 s’ouvre sur un paysage RSE profondément marqué par les turbulences de 2025. Entre tensions politiques, ralentissements réglementaires et pressions économiques, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) doit aujourd’hui prouver qu’elle n’est pas un luxe, et qu’elle est bien une nécessité stratégique.

L’année dernière a été marquée par un « backlash » contre certaines mesures du Green Deal européen, avec des divisions au Parlement et le reports de textes clés. Le contexte est particulièrement délicat : la loi Omnibus, adoptée fin 2025, a assoupli les obligations de reporting pour de nombreuses entreprises, repoussant les échéances et réduisant le périmètre des sociétés concernées par la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et la CS3D (devoir de vigilance). Les seuils d’application ont été rehaussés, excluant temporairement des milliers de PME et ETI, et le devoir de vigilance ne s’applique plus qu’aux très grandes entreprises.

En France, le gouvernement a dû arbitrer entre transition écologique et impératifs budgétaires, réduisant les investissements publics dans la transition verte et reportant des mesures phares. Les tensions économiques internationales, notamment la guerre commerciale entre les États-Unis, la Chine et l’Europe, ont aussi pesé sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts, rendant plus difficile l’intégration de critères RSE dans les achats.

Pourtant, malgré ces obstacles, les tendances RSE 2026 montrent que les entreprises les plus résilientes sont celles qui intègrent la durabilité au cœur de leur modèle.

Après les tendances observées en 2025, comme la transition énergétique ou l’inclusion, voici les 8 tendances majeures à suivre cette année, dans un contexte où la RSE doit plus que jamais concilier ambition et pragmatisme👇

Les tendances RSE 2026, entre urgence et résistance

1. L’économie régénératrice : 4 piliers pour une transformation systémique

Les trajectoires de décarbonation se déploient mais ne suffisent plus. Les entreprises doivent désormais s’inscrire dans une économie régénératrice. Elle repose sur quatre piliers interdépendants qui visent à restaurer et renforcer les systèmes naturels, humains, sociaux et financiers. Contrairement à une économie extractive ou simplement « durable », l’économie régénératrice cherche à créer des externalités positives à chaque étape de la chaîne de valeur.

Restaurer la santé des systèmes naturels

Les écosystèmes (sols, forêts, océans, biodiversité) sont aujourd’hui dégradés par des décennies d’exploitation intensive. L’économie régénératrice vise à inverser cette tendance en restaurant leur capacité à se renouveler, à stocker du carbone, et à soutenir la vie. Ce pilier est crucial pour lutter contre le changement climatique, la désertification, et la perte de biodiversité.

Régénérer les humains : replacer le bien-être au centre

L’économie régénératrice reconnaît que les humains ne sont pas des ressources, mais des acteurs dont le bien-être (physique, mental, émotionnel) est essentiel à la productivité et à l’innovation. En 2026, les entreprises doivent donc réparer les dommages sociaux causés par des décennies de pression économique : burn-out, inégalités, précarité, et perte de sens au travail.

Renforcer les liens et la coopération

Les « communs sociaux » désignent les ressources partagées qui fondent la cohésion sociale : connaissances, cultures, espaces publics, réseaux de solidarité. En 2026, les entreprises ont un rôle à jouer pour réparer le tissu social, souvent fragilisé par les crises économiques, les inégalités, et la polarisation des débats. Cela passe par la co-construction de solutions avec les communautés locales, les associations, et les pouvoirs publics.

Pérenniser le capital financier : aligner profit et impact

Le quatrième pilier de l’économie régénératrice consiste à réconcilier performance financière et impact positif. En 2026, les entreprises doivent prouver que la régénération n’est pas un coût, mais un investissement rentable à moyen/long terme. Cela implique de repenser les modèles économiques pour qu’ils créent de la valeur partagée (pour les actionnaires, les salariés, la société, et la planète).

2. Green IT et usage raisonné de l’IA : sobriété numérique et innovation responsable

Le « Green IT » devient une priorité absolue pour les directions des systèmes d’information (DSI). Les entreprises doivent éco-concevoir leurs logiciels, prolonger la durée de vie de leur matériel et adopter des pratiques numériques sobres. L’enjeu majeur en 2026 est l’usage responsable de l’IA, dont la consommation énergétique et l’empreinte carbone s’envolent au fur et à mesure que l’usage se démocratise.

Tendances RSE 2026

Le Green IT est stratégique pour les DSI, avec trois axes majeurs:

  1. Éco-conception des logiciels et infrastructures.
  2. Prolongation de la durée de vie du matériel (reconditionnement, réparation).
  3. Maîtrise de l’impact de l’IA, dont la consommation énergétique explose avec l’essor des modèles génératifs.

En 2026, l’enjeu est de concilier innovation technologique et sobriété, tout en évitant le « techno-solutionnisme » (l’illusion que la technologie résoudra seule les problèmes environnementaux).

Quelques leviers d’action :

  • Éco-conception logicielle : Réduction de la taille des applications, optimisation des algorithmes, suppression des fonctionnalités superflues.
  • Infrastructures sobres : Migration vers des data centers alimentés par des énergies renouvelables, refroidissement naturel, virtualisation des serveurs.
  • IA responsable :
    • Sélection de modèles légers et optimisés.
    • Utilisation de l’IA pour mesurer et réduire l’empreinte carbone des processus (ex : optimisation des trajets logistiques).
    • Transparence sur les données utilisées et leur impact environnemental.
  • Achats durables : Privilégier du matériel reconditionné ou labellisé (EPEAT, TCO Certified).

3. Transparence renforcée et lutte contre le greenwashing : l’ère de la preuve

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et la loi Omnibus en 2025 ont redéfini les règles du jeu :

  • Obligation de reporting pour les grandes entreprises (à partir de 1 000 salariés et 50M€ de CA).
  • Exigence de double matérialité : Évaluer à la fois l’impact de l’entreprise sur l’environnement/société et l’impact des enjeux ESG sur la performance financière.
  • Audit externe obligatoire : Les rapports RSE doivent être certifiés par des tiers indépendants.
Tendances RSE 2026

La transparence est une obligation légale, avec des sanctions en cas de non-conformité ou de greenwashing avéré.

Elle permet de renforcer la confiance : les entreprises transparentes bénéficient d’une meilleure notation ESG et d’un accès facilité aux financements verts.

Et d’en tirer un avantage commercial: 70 % des consommateurs européens privilégient les marques transparentes (étude Eurobaromètre 2025).

4. Transformation sociale : inclusion, équité et bien-être au travail

En 2026, la dimension sociale de la RSE prend une place centrale, portée par :

  • La directive européenne sur la transparence salariale (2023/970), transposée en droit français.
  • La pénurie de talents dans certains secteurs, poussant les entreprises à améliorer leur marque employeur.
  • Les attentes des nouvelles générations (Gen Z, millennials), qui privilégient les employeurs engagés sur les enjeux sociétaux.
Tendances RSE 2026

Les entreprises ont intérêt à mesurer et publier des indicateurs sociaux (écarts de rémunération, diversité, turnover, formation, etc.).

Quelques leviers d’action :

  • Égalité professionnelle :
    • Audits salariaux annuels pour identifier et corriger les écarts.
    • Objectifs de parité dans les postes à responsabilité (ex : 50 % de femmes dans les comités de direction).
  • Diversité et inclusion :
    • Programmes de mentorat pour les minorités.
    • Formation des managers aux biais inconscients.
  • Bien-être et santé au travail :
    • Mesure de la QVCT (Qualité de Vie et Conditions de Travail) via des enquêtes anonymes.
    • Politiques de flexibilité (télétravail, horaires aménagés).
  • Dialogue social :
    • Implication des syndicats dans la définition des politiques RSE.
    • Création de comités dédiés aux enjeux sociaux.

Les bénéficies sont directs :

  • Attractivité des talents : Les entreprises inclusives réduisent leur turnover de 20 % en moyenne (étude McKinsey 2025).
  • Performance globale : Les équipes diversifiées sont 35 % plus innovantes (Harvard Business Review).
  • Résilience : Un climat social positif améliore la productivité et réduit les risques de conflits.

5. Économie circulaire et « Repair Tech » : la valeur dans la durée

L’économie circulaire passe d’un concept à une nécessité opérationnelle en 2026, sous l’effet :

  • De la réglementation (loi AGEC en France, directives européennes sur les déchets).
  • De la rareté des ressources (métaux critiques, terres rares).
  • De la demande des consommateurs pour des produits durables et réparables.

Les modèles linéaires (« extraire, produire, jeter ») sont remplacés par des boucles vertueuses : réparation, réutilisation, recyclage.

Quelques leviers d’action :

  • Éco-conception :
    • Produits modulaires, faciles à démonter et à réparer.
    • Utilisation de matériaux recyclés ou recyclables.
  • Services de réparation :
    • Partenariats avec des réseaux d’artisans ou des plateformes dédiées.
    • Garanties prolongées et contrats de maintenance.
  • Logistique inverse :
    • Mise en place de filières de collecte et de recyclage (ex : bornes de dépôt en magasin).
    • Traçabilité des flux de matières pour optimiser le réemploi.
  • Modèles économiques innovants :
    • Location, abonnements, ou vente de produits « as a service ».
    • Incitations financières pour le retour des produits en fin de vie.

C’est une opportunité de revoir le modèle d’affaires pour :

  • Générer de nouveaux revenus : Les services de réparation et de revente génèrent des marges supérieures à la vente de produits neufs.
  • Développer la résilience face aux pénuries : Réduction de la dépendance aux matières premières vierges.
  • Consolider l’image de marque : Les entreprises circulaires bénéficient d’une préférence de 60 % des consommateurs (étude Kantar 2025).

6. Intégration de la RSE dans la gouvernance : aligner stratégie et impact

En 2026, la RSE n’est plus une fonction support, mais un pilier de la gouvernance. Les attentes des parties prenantes (investisseurs, régulateurs, salariés et clients) imposent aux dirigeants d’intégrer les enjeux ESG dans :

  • La stratégie globale (fusion-acquisition, innovation, expansion).
  • Les processus décisionnels (comités de direction, conseils d’administration).
  • La rémunération des dirigeants (lien entre bonus et performance RSE).

Quelques leviers d’action :

  • Structures dédiées :
    • Création de comités RSE au niveau du conseil d’administration.
    • Nomination d’un Chief Sustainability Officer (CSO) dans le comité exécutif.
  • Intégration dans les KPI :
    • Objectifs RSE inclus dans les plans stratégiques (ex : réduction de 30 % des émissions d’ici 2030).
    • Tableaux de bord intégrant des indicateurs ESG aux côtés des indicateurs financiers.
  • Formation des dirigeants :
    • Modules obligatoires sur les enjeux climatiques et sociaux.
    • Sensibilisation aux risques ESG (ex : dépendance aux ressources, réglementation).
  • Engagement actionnarial :
    • Dialogue avec les investisseurs sur les critères ESG.
    • Publication de plans de transition climatiques alignés sur l’Accord de Paris.

Structurer ainsi sa gouvernance apporte de nombreux atouts parmi lesquels :

  • Réduction des risques : Les entreprises engagées sont moins exposées aux sanctions réglementaires ou aux crises réputationnelles.
  • Accès aux capitaux : Meilleure notation ESG = accès facilité aux obligations vertes et aux fonds ISR.
  • Innovation : La RSE stimule de nouveaux modèles économiques (ex : économie de la fonctionnalité).

7. Engagement sociétal et co-construction : impliquer les parties prenantes

En 2026, les entreprises ne peuvent plus définir leur stratégie RSE seules. Elles doivent co-construire leurs engagements avec :

  • Les communautés locales (riverains, associations).
  • Les clients (via des consultations ou des plateformes participatives).
  • Les fournisseurs et partenaires (pour une chaîne de valeur durable).
  • Les pouvoirs publics (collectivités, états).
Tendances RSE 2026

Cette approche répond à une exigence de légitimité et permet d’identifier des solutions adaptées aux territoires.

Quelques leviers d’action :

  • Dialogue territorial :
    • Organisation de forums citoyens ou d’ateliers participatifs.
    • Partenariats avec des associations locales pour des projets concrets (ex : jardins partagés).
  • Collaboration avec les fournisseurs :
    • Audits sociaux et environnementaux des sous-traitants.
    • Programmes de formation ou de financement pour améliorer leurs pratiques.
  • Implication des clients :
    • Enquêtes ou votes sur les priorités RSE (ex : choix des causes soutenues).
    • Plateformes de crowdfunding pour des projets locaux.
  • Alliances sectorielles :
    • Participation à des initiatives collectives (ex : pactes pour une économie circulaire).

Ainsi les solutions émergent des besoins réels des territoires, et favorisent une réelle innovation sociale. Les projets co-construits bénéficient d’un meilleur taux d’acceptation et d’une légitimité renforcée, avec un impact réel sur les capacités de résilience : les entreprises ancrées localement sont moins vulnérables aux crises.

8. Achats responsables : un axe stratégique

En 2026, les achats responsables s’imposent comme un levier stratégique du développement de l’entreprise, porté par des réglementations comme la CSRD, la loi AGEC, le devoir de vigilance, et une demande croissante de transparence.

Les entreprises doivent intégrer des critères RSE dans leurs processus d’achat, en s’appuyant sur des standards reconnus comme la norme ISO 20400 et le label RFAR.

  • Norme ISO 20400 : Fournit un cadre pour intégrer la RSE dans les achats, en couvrant la stratégie, l’évaluation des fournisseurs et la collaboration.
  • Label RFAR : Certifie les entreprises engagées dans une démarche d’achats responsables, en évaluant leur engagement, leurs pratiques et leur dialogue avec les parties prenantes.

Comment faire ?

  • Intégrer des critères RSE dans les appels d’offres (certifications/labellisation, empreinte carbone, pratiques sociales)
  • Collaborer avec les fournisseurs pour améliorer leurs pratiques (formations, contrats longs)
  • Assurer la traçabilité des engagements via des outils digitaux (plateformes de suivi).
  • Innover avec l’économie circulaire (produits reconditionnés, emballages durables, filières de recyclage)
  • Etc.
achats responsables

En intégrant une politique d’achats responsables, les entreprises en tirent des avantages majeurs, à la fois stratégiques, économiques et réputationnels :

  • Réduction des risques réglementaires, réputationnels, opérationnels
  • Avantage concurrentiel : préférence des consommateurs et investisseurs
  • Innovation avec de nouveaux modèles économiques

En 2026, les achats responsables sont un impératif stratégique pour allier performance et durabilité.

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Tendances RSE 2026, un impératif stratégique malgré les défis

Faire de la RSE en 2026 est un défi systémique, mais aussi une opportunité unique pour les entreprises qui sauront intégrer ces tendances dans leur ADN. Les bénéfices sont réels : résilience, attractivité, performance et robustesse.

Pour réussir, les entreprises doivent :

  • Mesurer leur impact avec des indicateurs robustes,
  • Prioriser les tendances les plus alignées avec leur secteur et leur taille,
  • Impliquer l’ensemble de leurs parties prenantes,
  • Innover en combinant technologie et durabilité.

Au-delà des enjeux économiques, la RSE en 2026 est aussi une question de société. Les entreprises ont un rôle clé à jouer pour construire un monde plus équitable, résilient et durable, un monde où la croissance rime avec le respect des limites planétaires et le bien-être de tous. La véritable question c’est : quel modèle de société souhaitons-nous contribuer à bâtir ?

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